J’ai mis du temps à écrire cet inventaire heureux de mes saisons favorites, car je pense que je n’ai aucune préférence sur les saisons qui passent, qui se mélangent, capricieuses à ne plus savoir dès fois, comment s’habiller pour le lendemain. En hiver, j’aime rentrer chez moi le visage rougi, les mains froides et sentir progressivement le sang bouillir au bout de mes doigts. De ses journées froides, courtes en soleil j’en retiens ces longues nuits où la lune prend le contrôle du temps. Paysage mélancolique, inspirateur de tous les poètes, on guette le réchauffement climatique, les minutes supplémentaires de lumière. De chaque côté de l’hiver on côtoie l’automne triste du passé et l’automne gaie du printemps. D’ailleurs le printemps joue à cache-cache entre ses deux saisons aux extrêmes températures que seuls les bourgeons florissant nous montrent qu’il est bien là. Saison qui me donne mal au crâne et me bouche les narines, plus son passage est éclair, mieux je me porte. Donnant comme mot d’ordre, jupe courte, décolleté, teint halé ; l’été me réchauffe le corps ainsi que le cœur de mon pantalon. De nos jours c’est la saison d’où il faut en sortir avec bon teint, physique et intellectuel. Je ne suis pas sûr que les rayons du soleil en pénétrant à la surface de ma boite crânienne, ne me grillent pas en passant quelques neurones. Et c’est avec hâte que j’attends, que j’observe avec attention l’apparition de la première feuille rougissante, tombante et volante, soufflée par Eole. Saison du spleen, je rentre chez moi en automne.
M.F²
Jack LONDON "Croc blanc"
Enigma "MCMXC&D"
Derniers Commentaires