Le blog de fairesalivermonimagination.erog.fr

Elle était déchaussée, elle était décoiffée,
Assise, les pieds nus, parmi les joncs penchants ; 
Moi qui passais par là, je crus voir une fée, 
Et je lui dis : Veux-tu t'en venir dans les champs ? 

Elle me regarda de ce regard suprême 
Qui reste à la beauté quand nous en triomphons, 
Et je lui dis : Veux-tu, c'est le mois où l'on aime, 
Veux-tu nous en aller sous les arbres profonds ? 

Elle essuya ses pieds à l'herbe de la rive ; 
Elle me regarda pour la seconde fois, 
Et la belle folâtre alors devint pensive. 
Oh ! comme les oiseaux chantaient au fond des bois ! 

Comme l'eau caressait doucement le rivage ! 
Je vis venir à moi, dans les grands roseaux verts, 
La belle fille heureuse, effarée et sauvage, 
Ses cheveux dans ses yeux, et riant au travers. 

 

Victor Hugo

 


MET-ART_ALN_14_0084.jpg

Mer 21 jui 2010 Aucun commentaire