Le blog de fairesalivermonimagination.erog.fr
C’était un soir de printemps, un voile d’air frais transperçait l’entrebâillement du volet, caressant le bas de mon corps. J’avais pris la décision d’écrire quelques textes de Chateaubriand. J’éteignis la télévision, afin de me plonger dans un silence presque religieux. Sous une lumière kryptonique bleutée surchauffant mon bureau d’un bois de bouleau scandinave, assis sur ce siège d’un osier desséché par le temps, j’étais prêt à sentir ses mots défiler sous la bille de mon stylo « papermate » à gel, modeste descendant, déplumé. Dès les premiers instants, un souffle rayonnant transperça mon âme, formant un couple uni par la prose. Durant ce passage, j’eus cette impression, éphémère, que j’écrivais pour lui ; le mouvement de ma main était fluide, transparent, comme une évidence littéraire. Tout cela monta en moi, je le touchais presque, il m’appartenait, mais à ce dernier point au bord de cette phrase, l’odeur florale de ce son dissonant (le sèche-linge) accentua mon retour dans la réalité. Je n’étais plus que moi-même, j’avais flirté avec le divin pendant un instant aussi léger qu’un battement de paupières papillonnantes devant l’éternel. Qu’il est bon d’être un oiseau sous la plume de ce céleste écrivain.
M.F²